15/04/2010

Yoga, Boudddhisme et CNV : quelques réflexions de retour d'Inde.

Comment le yoga et le bouddhisme renforcent la conscience dans la pratique de la CNV.


La première observance dans le Yoga de Patanjali est le mot sanscrit « Ahimsa », classiquement traduit par non-violence, ne pas causer de dommage, de tort à autrui ou à soi même. Je préfère la traduction qui m’a été proposée lors du programme intensif* que j’ai suivi en janvier : Loving Kindness, ou bonté aimante. J’aimerais trouver un équivalent français pour« Loving Communication » (littéralement « Communication aimante »), pour remplacer Communication NonViolente.

L’enseignement principal de ces 3 mois que je viens de passer en Inde, et de ce temps d’intégration que je me donne à mon retour, est que la clef pour une communication bienveillante est de ralentir. J’ai vu pendant ce temps que la violence surgissait en moi, à mon insu, dans des moments d’accélération où du coup je manquais de présence et perdais de vue mon intention première, ma compassion et bonté naturelles.

Thich Nhat Han dit «S’asseoir pour laisser la vie entrer en nous et nous guérir. Pour redevenir vivants ». Marshall Rosenberg dit que la plupart d’entre nous ne sommes pas vivants, il nous compare à des « nice dead persons », littéralement de gentils morts vivants

Le deuxième facteur clef est de vivre au présent. La CNV nous y invite clairement, comme toutes les démarches de développement personnel et spirituelles, mais nous avons tendance à ramener le passé dans notre observation des faits. Le Bouddha dit « Revenez au moment présent afin de rester en contact direct avec la vie pour l’expérimenter intensément ». Cela veut dire de ne pas revenir sur le passé, sur les faits passés et cela modifie ma pratique de la CNV : à l’étape de l’observation, être uniquement dans le moment présent, avec notre interlocuteur tel qu’il est aujourd’hui.

L’axe que j’explore aujourd’hui pour transmettre la CNV est d’abord et avant tout comment développer une bonté aimante à son propre égard, dans les moindres détails du quotidien. Cela passe évidemment par le respect de son rythme, l’écoute de soi donc ralentir, et la conscience de ses choix – qu’est ce qui me nourrit véritablement ? Je constate jour après jour que c’est de là que découle naturellement une communication non violente.

J’ai à cœur de mettre encore plus en avant dans mes stages à venir ces deux dimensions, du rythme et du moment présent, pour développer la paix, l’harmonie en nous mêmes et dans nos relations, et l’équilibre de notre santé.

(*Plus de détails sur ce « Self Transformation Program » dans un article à part, à venir)